Ma Famille, La Forêt

 

Dans cette forêt peuplée de tant d'arbres, de tant de fleurs, de tant d'animaux, aux couleurs chatoyantes et tellement différentes... en voici l'histoire de quelques uns partageant une même vie

Il est un chêne devenu grand, devenu majestueux, dans toute sa splendeur, de son éternel ascension de la vie, vers la lumière, tout autant dans les profondeurs de la terre, SA racine, SA source d'inspiration, de là part son éveil, sa lente progression de l'inconnu... De toute sa hauteur, il surplombe son entourage de son courage à s’élever toujours plus haut. On l'admire, on le respecte. Il nous observe prêt à tout, prêt a subir les foudres de l'orage, prêt à protéger quiconque vient se réfugier sous ses feuilles si grandes, à proposer son écorce pour se reposer, à offrir ses fruits pour nourrir ses semences. Il n'est plus courageux, plus vaillant, toujours à l'affût, en éveil constant, toujours prêt et toujours debout après la tempête

Elle est le soleil de la vie de ce chêne, elle attire sur lui cette lumière qui fait tout son charme, qui lui a donner l'envie de pousser, si haut pour la rejoindre. Ce soleil éblouissant nos âmes parfois si sombre, parfois mélancolique, ou partageant ses moments de détente, tranquille comme sauvage, apaisante comme tourmentante, partageant son désir de vivre, et conciliante. Acceptant les changements de temps, acceptant la pluie, attendant les éclaircies, pour laisser la place à un ciel si bleu, que de son coeur sort la pureté lumineuse et entraînante, a donner ses rayons à chaque être vivant... Réveillant ce petit être caché au fond de nous, a câliner de sa chaleur pour nous remplir de bonté et de joie de vivre... toujours la tapie dans l'ombre prêt a surgir après la tempête... a redonner le sourire perdu

---- De leur union naquit un vent... tantôt brusque, tantôt nous emportant dans un tourbillon affolant... Sans savoir ou il finira sa course, allant toujours de l'avant, sans se retourner, changeant de direction a tout moment, donnant un souffle de vigueur à tout être, devenant suffoquant... et quand il se calme, on l'aime, il nous apporte renouveau à chaque bourrasque inattendue... il emporte son sillage, avec une fougue dont seul le vent est capable de fournir, on se laisse envahir par ce torrent de paroles, on se laisse inonder pendant son passage... Quand le vent se met en colère, c'est la tornade, la sensation que tout va basculer, mais quand on s'y attend le moins, il redevient calme, cette légère brise dont on s'est habituer et dont on ne pourrait se passer, dont on garde en nous un souvenirs, une trace indéfinissable mais attachante... Dans nos coeurs, le vent laisse une emprunte bien a lui, toujours a veiller sur les uns et les autres...

---- De leur union naquit un oiseau, très vite indépendant, se détachant lentement... mais toujours présent quand on a besoin de lui, il vole et survole... il plonge et remonte au gré de sa volonté, au gré d'effort, au gré de son envie... Se posant sur l'arbre pour se détendre, se faufilant dans les entrailles du vent, se jouant des filets... discret mais à l'écoute de chacun, il parcourt le ciel, il s'en va un temps et revient à ses sources, n'oubliant jamais cet univers qui est le sien... Chuchotant, jamais sans éloquence, toujours sereinement... dans son nid perché, à l'abri des regards indiscrets... il passe et repasse... calmement nous apportant bonne humeur... mais semble parfois si lointain qu'on a peur qu'il s'en aille vers d'autres cieux...

---- De leur union naquit un nuage, parcourant le ciel infini, allant chercher les étoiles, toujours plus haut dans l'univers, se mettant a rêver à de lointains secrets... Ce nuage filant au gré de son humeur, parfois changeante, parfois étonnante, toujours libre... se sentant parfois seul, ou accompagné de grosses averses passagères, qui font du bien quand ça vient, mais qui fait du bien quand ça s'en va... A la fois ce besoin de solitude et de se sentir entouré... de ce chêne protecteur, de la chaleur du soleil, de la fougue du vent, de la précieuse présence de cet oiseau... A la fois triste en lui et joyeux pour les autres comme la partie d'un iceberg dont on ne voit jamais l'extrémité et dont on ne saisit pas toujours ses réactions...

Je dédie ce texte à ma famille : 

Nous devons cette vie a la Terre, notre racine, nous devons cette vie l’air qui nous mène ou bon nous semble… Nous devons cette vie à l’eau qui nous entoure, qui nous purifie… Nous devons cette vie a la chaleur du feu dans notre cœur…

Ce chêne est mon père, imposant, dont parfois on a peur de s’approcher, mais qui en fin de compte n’est pas aussi dur que l’écorce de l’arbre… Quand nous étions tous à la maison, c’était souvent la « petite » bagarre. Discuter, se confier devenait dur. Mais depuis que nous sommes parti de la maison, je me rends compte a quel point on tient a toi, à quel point tu compte dans nos vies, à quel point tu nous manque, ton sourire caché dans ta moustache, ton regard parfois dur, parfois apaisant, ta rudesse mais aussi ton dévouement pour ta famille… On ne le dit pas souvent mais moi je te le dis maintenant et aujourd’hui : Papa, on t’Aime… !!! 

Ce soleil est ma mère, toujours a veiller sur nous, toujours a nous écouter, qui cachent nos secrets chacun dans son cœur. Tu nous apporte réconfort, chaleur, discrétion, on te confie nos secrets, nos envies, nos peines, nos joies, mais sache que tu peux faire de même avec nous, qu’on est là pour t’écouter aussi : Maman on t’aime… !!!

Ce vent est ma sœur, toujours imprévisible, tel une tornade, un ouragan, difficile à suivre, qui chamboule en quelques minutes notre train-train quotidien… Je ne la voudrais pas autrement, elle est speedée : Nathalie, on t’aime aussi comme tu es… !!!

Cet oiseau est mon frère, qui se fait discret mais qui est toujours là, qui ne se confie pas facilement, comme dit le proverbe « Un cœur de velours dans un gant de fer », pour moi, c’est ce qui le caractérise le plus : Vincent, on t’aime pasque tu es notre frère, le fils unique, pasque tu es toi… !!!

Et ce nuage, c’est moi, toujours la tête dans les nuages, a rêver, a faire ce qui lui plait, qui est souvent a coté de ses pompes, le rêve est une chose que la réalité ne peut réaliser…

Quand on y regarde bien, notre famille, cette forêt, cette nature, c’est l’horizon… Au loin, l’Arbre, le Soleil, le Vent, l’Oiseau et le Nuage ne font plus qu’un… A l’horizon, tout se rejoint, tout se touche, tout se garde, tout se confond… Nous sommes unis par ce lien familial, nous sommes unis à notre façon, la vie nous mène vers différents chemins, mais nous sommes toujours là, dans cet horizon que rien ne pourra ébranler, car l’horizon existera toujours à tout jamais par tous les temps et à l’infini…

 La famille on ne la choisit pas… Ma famille, je ne l’ai pas choisie… Ma famille je la garde et pour rien au monde je ne voudrais l’échanger…

Retour Menus Retour Poésie